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Thursday 30 March 2017
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Blogger et journalistes : deux approches différentes

Cet article vient d’un constat simple, mais souvent ignoré du monde des Relations Presse 2.0: si l’on souhaite s’adresser à un influenceur, on se doit d’adapter sa demande.
Tout simplement parce qu’on ne s’adresse pas aux blogueurs comme on s’adresse aux journalistes: ce ne sont pas les mêmes interlocuteurs.

Un blogueur écrit durant son temps libre, un journaliste écrit dans le cadre de son travail

blogger

Le travail d’un journaliste est d’apporter une information. Il doit donc vérifier ses sources, être certain de la véracité des propos qu’il rapporte et rester objectif. Le journaliste est rémunéré pour apporter l’information aux lecteurs de son journal. Il travaille donc tous les jours ouvrés (et parfois plus) sur cet objectif.
Le blogueur partage ses connaissances, ses tests de produit et ses articles sur son blog. C’est une activité de loisir. Certains bloggeurs sont des journalistes qui bloguent sur leur temps off, mais mis à part une poignée de blogueurs pro, la plupart des blogs sont tenus par des personnes qui ne vivent pas des articles et de la publicité postée sur leur blog.
Ils sont dentistes, étudiants, assistantes sociales, hôtesses d’accueil, ou encore banquiers,… Bref, ils ont un travail, et boguent le soir en rentrant chez eux et le week-end.

Le problème des relances

Le problème des agences, c’est qu’elles ont tendance à harceler les influenceur en attendant une réponse.
Le fait de relancer son interlocuteur est une pratique tout à fait normale dans le journalisme. Mais pas chez les blogueurs. Inutile donc de les relancer dix fois dans la journée en attendant une réponse, si le blogueur ne répond pas, c’est peut-être tout simplement parce qu’il est en train de travailler et que vos 10 mails font vibrer son smartphone, alors qu’il est en pleine réunion. Au lieu de le pousser à répondre, celui-ci risque tout simplement de vous ignorer et de bloquer vos messages, par agacement.

Un blogueur n’est pas un pigeon

Certains développeurs, référenceurs ou encore journalistes semblent s’être arrêté sur une image du blogueur totalement périmée: celle de la blogueuse écervelée qui pense encore que le HTML est une maladie sexuellement transmissible (ah non, ça, c’est une pensée partagée par 11% des américains… ), qui accepte n’importe quoi, et qui glousse seule devant son ordinateur en choisissant un nouveau gif animé de dauphin sautant à travers un cerceau de paillettes pour son skyblog, avec son chat sur les genoux, une tasse de thé dans une main et un macaron (un petit chou ou un cupcake, au choix) dans l’autre.
Pourtant, lorsqu’un blog se développe, qu’un blogueur achète un nom de domaine, ou évalue les solutions d’hébergement qui s’offrent à lui, c’est qu’il possède quelques connaissances du milieu du web. Il est tout simplement impossible pour un blogueur de s’en sortir sans quelques bases.
Un blogueur, n’est donc pas un pigeon. Par contre, il est parfois doté d’un certain ego. Si vous vous aventurez à froisser ses plumes, il se peut donc qu’il refuse votre proposition, voire, qu’il vous dénigre totalement, et fasse passer le mot à ses copains blogueurs et ses lecteurs.
Car si le blogueur est un influenceur, c’est justement parce qu’il possède un réseau. Et à défaut de mettre en avant votre client en essayant d’arnaquer ce blogueur, vous risquez tout simplement de voir les foudres de celui-ci s’abattre sur vous, ou sur votre client.
Un bonjour, un au revoir et un échange équitable n’ont jamais arraché la bouche de personne. Vous gagnerez plus en abordant un blogueur (ou même votre boulanger de quartier, votre client, ou votre voisin de pallier) poliment qu’en vous évertuant à prendre les gens pour des idiots.

Le blogueur peut refuser un partenariat

Oui, car le blogueur peut totalement refuser votre proposition. Rappelons qu’il écrit sur son temps libre, et que, comme tout le monde, il se peut qu’il travaille le jeudi après-midi, ou qu’il ait rendez-vous chez le médecin le mardi soir, à moins qu’il garde ses enfants le mercredi après-midi. Bref, le blogueur à une vie, il ne récolte en général pas un kopeck à écrire ses articles, et si on ne lui propose rien en échange, il se peut qu’l soit peu enclin à répondre à une demande du type
« Bonjour,
Je souhaite vous proposer un article, afin qu’il soit publié sur votre blog.
Ma démarche est totalement gratuite, et a pour but de vous apporter un contenu tout frais. Je ne vous demande rien en échange.  »
Le blogueur n’a que faire de vos soumission d’articles gratuites, il tient son blog, y écrit ses articles, et n’a pas besoin de vous pour alimenter son espace.
Réfléchissez plutôt à lui offrir une contrepartie: un échange d’article permettant de booster votre référencement mutuel, ou un envoi d’un produit à tester, ou bien encore, une rémunération.
Du Guest blogging ou un article sponsorisé ont plus de chance de se concrétiser qu’un envoi d’article simple qui n’apporte concrètement rien au blogueur.
De plus, pensez à personnaliser vos mail. « Bonjour Julie » a déjà plus de chance d’être lu par une bloggeuse que « bonjour ». Bonjour qui?

Enfin, il est certain que certains blogger ont prit le melon. Oui, c’est vrai que certains se permettent d’envoyer promener vos propositions.
Mais quand on se place de l’autre côté de la barrière, on peut aisément comprendre qu’un mail semblable à celui exposé dans cet article, et dont l’objet pourrait être « Proposition pour te pigeonner », récolte peu de considération de la part d’un blogueur qui n’est pas un rat des villes, et qui lit ce courriel le soir, après une journée plus ou moins réussie au boulot, et deux heures de RER.
Travailler avec des blogueurs est enrichissant sous bien des aspects. Faire un effort pour leur proposer un marché équitable et leur adresser un mail personnalisé n’est pas si compliqué. Vous verrez que certains peuvent même devenir des collaborateurs réguliers et de formidable leviers pour votre client.




3 thoughts on “Blogger et journalistes : deux approches différentes

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